Partenaire officiel du Stade Brestois 29, la SICA-Prince de Bretagne associe son nom au centre d'entrainement des professionnels depuis 2018. Un engagement durable qui témoigne d'un soutien indéfectible aux Rouge & Blanc. Attachée aux valeurs de solidarité, d'ancrage territorial et de performance collective, la coopérative finistérienne joue elle aussi un rôle moteur dans la dynamique locale. À l'occasion de la réception de l'Olympique de Marseille, Marc Kerangueven, président de la coopérative agricole, revient sur l'actualité de la SICA et sur ce partenariat fort avec le Stade Brestois 29.
"IL FAUT CRÉER UNE NOUVELLE DYNAMIQUE"
Marc, comment se porte la coopérative ?
La coopérative se porte bien, même si nous traversons une période plus complexe. Notre chiffre d'affaires en légumes recule de 1%, alors que nos volumes progressent de 6%. Les marchés sont tendus, avec une pression toujours plus forte sur les prix. Nous avons réussi à améliorer nos rendements. L'enjeu est désormais de mieux les valoriser, aussi bien sur le marché français que sur le marché européen, qui représente 40% de notre production. En parallèle, notre pôle horticole Kerisnel affiche une croissance de 3% dans un contexte pourtant marqué par le recul du marché. Grâce au travail remarquable de nos équipes logistiques et commerciales, nous avons gagné en réactivité face à une demande souvent conditionnée par la météo. C'est un défi que nous avons sur relever, et cela nous permet de consolider notre position sur le secteur.
Vous évoquez la météo, la période actuelle particulièrement compliquée...
Oui, nous faisons face aux conséquences du dérèglement climatique. Après un automne très difficile, nous connaissons un hiver exceptionnellement doux, avec une pluviométrie impressionnante à l'échelle européenne. Sur mon exploitation, j'ai enregistré en 4 mois l'équivalent d'une année de pluie. Les sols sont détrempés, les conditions de récolte extrêmement compliquées : la terre est lourde, le matériel s'enfonce. À ces difficultés s'ajoute le retard pris dans les semis d'échalotes, de brocolis ou encore de salades. Dans ces conditions, ils est impossible d'avancer normalement. L'inquiétude des producteurs est donc légitime. Paradoxalement, la consommation de légumes est en baisse, alors même que les prix restent modérés. Nous produisons localement, des produits de saison, riches en nutriments et en vitamines, et pourtant les ventes peinent à suivre. C'est difficile à comprendre.
Quel est votre rôle face à ces défis ?
Mon rôle est d'alerter sur ces problématiques auprès de l'ensemble des publics et des instances concernées. Les contraintes actuelles ne sont pas nouvelles, elles avaient déjà été pointées du doigt il y a plusieurs années. Notre principal enjeu, c'est la compétitivité. En France, nous faisons face à un nombre important de normes et de charges, avec 137 distorsions de concurrence par rapport à nos voisins européens. Dans le même temps, ces pays peuvent approvisionner nos rayons sans subir les mêmes contraintes. Nous acceptons en France la vente de légumes produits selon des pratiques qui nous sont interdites. Cette situation crée une concurrence déséquilibrée.
Sur quoi s'appuyer pour sortir renforcés de ces crises ?
Nous avons une filière d'avenir, sur un territoire d'avenir. L'ingénieur agronome et climatologue Serge Zaka nous l'a rappelé, la Bretagne serait, à long terme, moins impactée par le dérèglement climatique, avec un climat qui resterait relativement doux. Les perspectives sont là. Mais il faut une réelle volonté de changement. Le monde évolue vite, et nous devons nous adapter à tous les niveaux. Il est nécessaire de créer une nouvelle dynamique. Nous saurons répondre aux nouveaux enjeux, à condition d'accompagner le changement et de rester unis face à une concurrence qui fragilise aujourd'hui le monde agricole. La solidarité est essentielle.
De son côté, la SICA demeure une partenaire engagé du Stade Brestois 29...
Bien sûr. C'est une anecdote, mais depuis le début de notre partenariat avec les Rouge & Blanc, le club n'a cessé de progresser. Lors de la signature du naming en 2018-2019, le club est monté en Ligue 1. Lorsque nous avons reconduit le partenariat en 2023-2024, Brest s'est qualifié pour l'Europe.
Quand est prévu le renouvellement du partenariat ?
C'est en 2028 et j'espère que ça coïncidera avec l'entrée dans le nouveau stade ! Je le dis ici avec humour mais si, à notre niveau, nous pouvons contribuer à faire grandir le club, c'est une grande fierté.
En attendant l'Arkéa Park, la SICA invite les producteurs au match face à l'OM...
Oui, plus de 200. C'est un match de gala, une belle occasion de se retrouver et de partager un moment convivial autour du football. Nous sommes très fiers de mettre en lumière notre coopérative à travers une telle affiche. Le Stade Brestois 29 est un club profondément humain, avec un président qui a su s'entourer des bonnes personnes, dotées des compétences et de l'état d'esprit adéquats. Cet esprit correspond parfaitement à l'ADN des gens d'ici.
Article publié le 18/02/2026